dimanche 2 août 2026


 

            

  La Verne : la pépinière

      C'est un tout petit replat , au fond de la Verne , a 1m50 environ au dessus du cours d'eau , peuplé de grands chênes -verts et d'un bouquet d'aulnes qui se pressent autour de deux sources , anciennement captées .
Dans ces sources coule tout l'été une eau très pure . Il suffit de creuser le marigot que font les sangliers pour permettre l'écoulement : c'est a refaire a chaque fois !

       C'est un lieu sombre , ombré en été mais humide , triste et même sinistre en hiver... Les anciens l'ont appelé : la Pépinière mais il n'y a plus sous ces grands arbres que bruyères et arbousiers : ils ont maintenant pris de la hauteur et envoient vers le ciel leurs rameaux décharnés : au sol un tapis de branches mortes …

      Je suis venu ici , de très nombreuses fois , sans jamais rencontrer personne . J'aime m'y promener avec le sentiment que ce lieu m'appartient et a moi seul . C'est en quelque sorte mon repaire secret !

      La rivière qui le borde reçoit , vers le milieu , un ruisseau affluent , réduit en été a un mince filet d'eau . La vue s'élargit en suivant son vallon et la lumière y pénètre a flots . Une fois en levant les yeux sur la pente boisée d'en face , j'ai aperçu , a travers les buissons , la tête d'un sanglier ! Celui-ci m'a regardé tranquillement et pendant un long moment !

      De nombreux sentiers a demi-perdus que j'ai redécouverts et entretenus par la suite , partent de cet endroit : ils mènent a des petits cabanons en ruine parfois réduits a des pans de murs , a une minuscule placette entre deux ruisseaux où j'ai découvert une tortue , en train de pondre …

 
 


 

                  

           Sans Issue

  

      Ce n'était déjà plus la Plaine des Maures mais les premiers contreforts du massif . A l'entrée de la piste un panneau indiquait : sans issue  ...
      Le vieillard s'engagea avec son chien sur ce chemin visiblement pas encore viabilisé . Il descendait en pente douce entre des grands pins et plusieurs ruisseaux le traversaient . Sur le sol humide : des empreintes bizarres , difficiles a reconnaître ; cela se rapprochait d'une patte très large comme celle d'un lama ?
Le sentier continuait a descendre et notre ami estimait la pente car toute descente doit être suivie d'une remontée ! Et a 75 ans on ne gaspille plus son énergie !
      Soudain ; Ugo le malin-ouah , partit comme une flèche et l'on entendit des grognements : un sanglier adulte qui avait dû faire face avant de détaler ! Ouf   ! pas de meurtre de marcassin qu'il faudrait alors achever !
      La mauvaise piste s'engageait maintenant sous de grands arbres ,des chênes-verts relique de la forêt originelle . Le vieillard avançait dans ce tunnel qui s'assombrissait peu a peu . Il s'arrêta un moment pour photographier une flaque qui jouait au jeu des reflets moirés …
      Au détour du chemin apparut la rivière et le gué . Au delà le tracé  remontait et s'engageait dans une forêt claire .
      Il s'arrêta au bord de l'eau . La lumière dure du milieu du jour éclairait l'eau mais violaçait les ombres sur les pierres .
      Il sût alors que c'était cela qu'il cherchait  ...
 
      Reprise d'un texte de 2020