mercredi 20 mai 2026

Reprise d'un texte de 2018

 

Le banc

  Devant le ruisseau asséché , le vieillard était assis sur un banc.
Son regard se portait sur la pente , a sa droite , où les sécheresses successives des dernières années avaient eu raison des buis et des chênes : c'était donc maintenant une pente caillouteuse piquée de touffes de pèbre d'aï .
  Le ruisseau qui, un peu plus bas, avait longtemps entretenu une source grâce aux pluie du printemps , était d'une blancheur de squelette .
  Ses trois chiens qui ne comprenaient pas l'intérêt qu'il trouvait a rester là s'étaient éloignés a la recherche de sangliers ou de chevreuils .Les sangliers , c'est bientôt tout ce qu'il resterait de vivant sur ce terrain : éventrant la terre ,saccageant les prunelliers et les pommiers sauvages , retournant le sol au pied des pins ...

  Le vieillard n'avait pas bougé et son regard balayait lentement tout autour de lui : qu'attendait-il ?
Les chiens se mirent a couiner a leur façon hystérique dès qu'ils avaient trouvé une piste et les craquements dans les buissons s'éloignèrent .
  Ce petit ruisseau démarrait sa course seulement 400 mètres plus haut , il ne coulait guère qu'après plusieurs jours de pluie mais il pouvait aussi  avoir des crues tout a fait disproportionnées et charrier des galets qui dévalaient alors la pente ...
  Au loin les chiens aboyaient et il ne tentait pas de les rappeler .Il était dans une sorte d'hébétude quand le regard se trouble et que la Nature tout autour pèse de tout son poids et prend possession de l'imprudent qui a arrêté son pas ...

  A le regarder , silhouette immobile ,légèrement penchée en avant , on se demandait ce qu'il attend ?
  Peut-être l'orage qui menace après une journée étouffante ? Et justement le ciel s'assombrit , la lumière devient froide et métallique , un vent se lève qui secoue et courbe les arbres autour de lui ...
Au loin on entend toujours les chiens qui suivent leur piste .
Le vieillard n'a toujours pas bougé , tout au plus un léger balancement d'avant en arrière , tandis que les premières gouttes tombent ...
Grosses gouttes rafraîchissantes après cette journée torride !

   La pluie maintenant s'accentue , ponctuée de quelques grêlons gros comme des billes tandis que la noirceur envahit le jour et que des bourrasques secouent le terrain .
 " Qu'attend-tu vieillard pour aller te mettre a l'abri ? ce n'est plus de ton age de te laisser tremper au risque d'attraper du mal ? Qu'est-ce qui te pousse a rester là tandis que la pluie balaye en rafales ton visage ? "

  Le ruisseau est en train de naître : un mince filet passe devant le banc provenant de la moraine du haut du terrain , souvenir des temps anciens .
 La pluie augmente , elle ruisselle sur le visage et le corps du vieil homme ; elle semble lui apparaître comme une bénédiction , la survie de cette terre , de ces arbres mourant sur le terrain ...

  Et puis brusquement , un déluge s'abat : c'est une malédiction maintenant qui arrache la terre, fait dévaler les cailloux qui roulent dans le ruisseau avec des branches cassées et même un cadavre d'oiseau , un geai qui n'a pas su se mettre a l'abri ; tout autour le terrain ruisselle ...
 Le vieil homme est maintenant une torche dégoulinante figée dans son immobilité ...

   Le ruisseau grossit encore , déborde autour du banc , enveloppe ses pieds et ses jambes :une eau lourde et boueuse , froide ...

  Et puis une énorme vague soudaine s'abat sur le banc , sur le vieillard et les emporte dans ses flots .


 

dimanche 19 avril 2026

Adieu César !




                                           

              

                   Bonsoir Michel,
Comme c'est beau ce que vous avez réalisé.
De là où il est notre cher César peut voir son ballon auquel il tenait tant. 
Merci pour lui
                    Bruno 

dimanche 5 avril 2026

lundi 30 mars 2026

Marie Alphonsine Monbel ; qui gardera ton souvenir ?


Dans mon enfance,elle élevait seule ses trois enfants.
       Un jour,Jacques le garçon, me montra le révolver qui était dans le tiroir,prés de son lit...
  Elle habitait une maison de poupée,entourée de chats,prés d'un ruisseau presque toujours a sec,un peu a l'écart du village.
   Grande,mince,elle avançait dans la rue ,seule,tèés droite : on éprouvait pour elle beaucoup de respect et l'on était frappé par le pressentiment d'une existence hors du commun.
Elle avait participé a la résistance comme beaucoup de protestants .
Après que ses enfants l'eussent quittée,elle avait vécu seule,travaillé seule dans l'usine déserte des marrons glaçés de Collobrières.
Souvenir de MARIE MONBEL




                                              


mardi 17 mars 2026


                                               


             


vendredi 13 mars 2026


                                        
La Verne  
 
      L'été , c'est la plus belle saison que l'on aimerait prolonger tout au long de l'année …
 
    La saison du bonheur de vivre a l'unisson de tous les animaux qui sont autour de la rivière : les poissons mais surtout les reptiles !
 
    Sur les berges on rencontre la couleuvre d'esculape , animal mythique pour moi , célébré par les grecs et les romains , origine du caducée . Elle s'immobilise devant vous et l'on peut passer sans la voir . Quelquefois elle se laisse manipuler sans chercher a mordre ; elle est toute fine , toute belle , dans une tonalité qui varie du gris au noir , ponctuée de minuscules traits d'argent produisant un scintillement . Elle se nourrit de petits rongeurs et d'oisillons qu'elle va cueillir en grimpant dans les buissons .
 
Dans l'eau on aperçoit la couleuvre a collier qui , elle , se nourrit uniquement de batraciens ; mais , plus souvent , la couleuvre vipérine . Celle-ci a le marquage de la vipère mais une tête ovale , un corps long et fin ; quand elle se sent menacée , elle souffle comme la vipère et comme elle projette son visage mais gueule fermée . Sa défense bien plus efficace est de vider ses intestins sur la main qui l'a saisi et c'est une odeur très désagréable ! Elle chasse uniquement des poissons ; je l'ai vu parfois avec dans sa gueule , un barbeau plus gros qu'elle !

    En été on avance au soleil ou a l'ombre dans une vibration continuelle orchestrée par les cigales qu'on finit par ne plus entendre . On est saisi par la chaleur , réconforté par l'ombre.  Dans cet univers enchâssé de la Verne il y a trop a voir , trop a sentir , trop a entendre : tout est trop !!!

    A mesure que la rivière s'assèche , la vie se concentre dans de grands trous d'eau creusé dans la roche schisteuse . Dans ces grands bassins l'eau prend , peu a peu une teinte sépia . Sa surface est trouée par les poissons qui halètent en manque d'oxygène , ridée par le ballet des cordonniers , frôlée par le vol des libellules …
    Cette eau , bientôt noire m'attire , elle me fascine …
A la différence de Narcisse je n'y contemple pas mon visage mais pressent qu'elle est une porte d'entrée vers l'inconnu que chacun de nous porte en lui …





      

Printemps a Collobrières


Au printemps Collobrières n'a pas encore les senteurs et les vibrations de l'été . L'air est léger , la lumière changeante obéissant aux caprices des nuages qui courent on ne sait où ?


Dans chaque ravine l'eau suinte ou s'écoule doucement , au fond des vallons l'herbe est verte et tendre et l'on peut , si l'on a de la chance découvrir quatre petites tortues fraîchement écloses …


Le long des sentiers , les bruyères arborescentes vous bombardent d'un pollen blanc et les jeunes pins vous couvre d'une poussière jaune …


C'est le moment où l'on a le plus d'opportunité de croiser la couleuvre d'Esculape en recherche d'accouplement durant la journée . Qu'elle soit sur une branche ou au sol , elle s'immobilise et si vous êtes distrait vous l'enjamberez sans la voir !

 

Dans les rivières l'eau absolument claire offre aux regards toute sa population : barbeaux , chevesnes ou vairons mais aussi des anguilles , grenouilles et crapauds venus pondre et même parfois deux mâles de tortues d'eau en trains de se battre !


Les prés naturels a l'herbe rase sont piquetés de fleurs : anémones , pâquerettes , boutons d'or , marguerites , glaïeuls ; les bois remplis de violettes , de pervenches et c'est le moment de cueillir les pousses d'asperges pour l'omelette !

 

Sur les coteaux c'est l'explosion des cistes roses et blancs , des asphodèles mais déjà l 'été arrive ...

 


     

Pour Ugo et Michel : La Verne pour l'éternité ...















                                       

     

jeudi 12 mars 2026

Pour Dani : La Verne pour l'éternité !










                                       
                                 



samedi 28 février 2026

Ugo for ever and ever


                          

Ugo et Michel






Parmi les immenses populations qui peuplent la terre , très peu revendiquent un authentique athéisme ?


Les religions sont innombrables et certaines déjà éteintes.

Il y a les croyances premières des peuples premiers .


Les religions les plus élaborées qui se sont affinées au fil des siècles  en agglomérant une multitude de dogmes comme le christianisme .

D'autres accumulant les préceptes a suivre obligatoirement.


Il y en a qui développent à l'infini une discussion critique et contradictoire comme les juifs .


Toutes ces religions généralement aboutissent à des conflits meurtriers ou les croyants s'exterminent les uns des autres au nom de Dieu tout puissant et miséricordieux . 

 

 

Pour moi il me plaît de croire comment Ugo s'il a physiquement disparu ; n'a pas perdu le contact avec moi .


'Il attend paisiblement que le rejoigne bientôt un très bon maître qui était pour lui aussi un ami ...

vendredi 6 février 2026



 

La VERNE




Michel ,suivi d' Ugo son fidèle Malinois, quitte l'ombre des grands aulnes et s'engage dans le lit de la rivière.

Il y a là un peuplement d'osmondes royales : certaines de ces fougères possédant même un petit tronc .Leurs frondes se penchent sur l'eau noire .

Michel et Ugo pataugent dans l'eau tiède de cette fin d'été .

Arrivés au tournant de la rivière un ensemble de cuves profondes creusés par les crues de l'hiver dans le schiste tendre . .Ces cuves noires sont enchassées dans un décor étincelant de mica .


C'est là, qu'un jour Ugo a glissé et plongé dans une gerbe d'écume .


Aujourd'hui, il reste prudemment derrière Michel attentif a ses gestes ,devinant ses ses intentions comme un ami fidèle qu'il est .


Michel s'arrête ,il contemple un moment ce paysage qui lui rappelle tant de souvenirs .


Il étire ses bras vers le ciel puis les rabat .Il bat de ses bras comme des ailes. Peu à peu, il s'élève à chacun de ses battements ,Ugo l'accompagne ...


Maintenant, ils dominent le lit de la rivière qui serpente au milieu des collines. Il s'engage en planant toujours suivi d' Ugo …



La Verne.

C'est maintenant leur domaine ,pour l'éternité ... 

                      


         





                               

                           

             
                      


                          

                              

                              


                              



samedi 24 janvier 2026