REINE CLAUDE
Le soleil tape si dur que sa lumière cerné et emprisonne le Réel .
Dans la chaleur de l'été Michel et ses petits copains sont suspendus aux branches du prunier.
Ils se gavent de Reine Claude dorées ; dégoulinantes de jus sucré.
C'est alors que la bonne du curé intervient ; elle les menace mais ses cris n'ont aucun effet car si l'arbre est bien dans le jardin du curé ses branches dépassent et se penchent sur la rue .
C'est la rue qui jouxte l'ancienne usine de bouchons. Dans le temps, il y en avait trois qui puisaient leurs ressources dans les immenses forêts de chênes-liège . c'était l'époque où collobrières comptait plus de 3000 habitants. Maintenant le village s'assoupit dans sa torpeur . Il ést le royaume de quelques enfants qui se suspendent en ce moment aux branches de l'arbre et iront cette nuit viser les lumières du village avec leur fronde .
Comme une volée de moineaux, les enfants se dispersent brusquement et Michel descend lentement le chemin qui mène au cimetière...
Le cimetière ; trois petites tortues ...
Michel remonte maintenant le chemin carrossable qui mène au cimetière.
Il ne résiste pas à l'envie de tourner la manivelle de la Fontaine et l'éclat de l'eau retentit dans le silence.
Une fois franchi le portail, sous les grands Cyprès noirs ; le cimetière éclate d'un fouillis désordonné et multicolore ; le désherbant n'est pas encore utilisé et le cantonnier épargne sa peine .
Au milieu de tous ces massifs débordants de toutes leurs fleurs, de toutes leurs couleurs, Michel se dirige vers la tombe de Monsieur Béchon. C'est une petite dalle maçonnée entouré de six poteaux reliés par une chaîne métallique.
C'est un tout petit jardin que Michel entretient en récoltant des boutures de toutes les plantes des autres tombes , en récupérant des graines de toutes sortes , des petits bulbes comme ceux du Stèrbergia Lutea.
Il entretient cette tombe avec une véritable passion.
Parfois même Il y est encore à la tombée de la nuit quand les petites vieilles frilleuses se dirigent vers la soupe. Elles lui demandent s'il n'a pas peur de rester là tout seul ? Mais non, il n'a pas peur !
Peur de quoi ? C'est son jardin à Lui!
Il sort maintenant par la porte sud qui débouche sur une châtaigneraie . Il s'engage sur la piste de la Malière ; arrivé sur le col , a gauche : un petit oratoire grillagé. Plus bas toujours a gauche, il débouche sur un champ de vigne enclavé dans les bois .
Plus tard , Il y trouvera une couleuvre à échelons .
Mais ce n'est pas encore le moment ...
Plus tard dans le champ qui aura été abandonné où subsistent quelques ceps de vignes, il retrouvera quelques tortues.
Mais ce n'est pas encore le moment ...
Il se dirige donc vers un petit sentier qui descend en pente douce vers la Malière . Sur la gauche dans une ravine pleine d'herbe encore verte et tendre, Il sait qu'il trouvera peut-être des petites tortues qui viennent juste d'éclore. Effectivement, il en découvre trois.
Plus tard, ces tortues se retrouveront au Portugal dans la maison de sa grand-mère qui dira en les contemplant : « ce sont des animaux stioupides ! «
Pour le moment ; Il vagabonde au milieu des cistes et des bruyères. les pierres brillent , étincellent de leurs éclats de schiste. Les parfums et les crissements sont puissants tout autour de Lui.
C'est la splendeur de l'été , le bonheur de vivre dans la chaleur et la lumière , dans les parfums , dans la plénitude de l'instant présent de son enfance heureuse !!!


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