vendredi 31 juillet 2026

 

           REINE CLAUDE


Le soleil tape si dur que sa lumière cerné et emprisonne le Réel .

Dans la chaleur de l'été Michel et ses petits copains sont suspendus aux branches du prunier.

Ils se gavent de Reine Claude dorées ; dégoulinantes de jus sucré.

C'est alors que la bonne du curé intervient ; elle les menace mais ses cris n'ont aucun effet car si l'arbre est bien dans le jardin du curé ses branches dépassent et se penchent sur la rue .


C'est la rue qui jouxte l'ancienne usine de bouchons. Dans le temps, il y en avait trois qui puisaient leurs ressources dans les immenses forêts de chênes-liège .  c'était l'époque où collobrières comptait plus de 3000 habitants. Maintenant le village s'assoupit dans sa torpeur . Il ést le royaume de quelques enfants qui se suspendent en ce moment aux branches de l'arbre et iront cette nuit viser les lumières du village avec leur fronde .

Comme une volée de moineaux, les enfants se dispersent brusquement et Michel descend lentement le chemin qui mène au cimetière...

 

                      

Le cimetière ; trois petites tortues ...


       Michel remonte maintenant le chemin carrossable qui mène au cimetière.

      Il ne résiste pas à l'envie de tourner la manivelle de la Fontaine et l'éclat de l'eau retentit dans le silence.

      Une fois franchi le portail, sous les grands Cyprès noirs ; le cimetière éclate d'un fouillis désordonné et multicolore ; le désherbant n'est pas encore utilisé et le cantonnier épargne sa peine .

    Au milieu de tous ces massifs  débordants de toutes leurs fleurs, de toutes leurs couleurs, Michel se dirige vers la tombe de Monsieur Béchon. C'est une petite dalle maçonnée entouré de six poteaux reliés par une chaîne métallique.

     C'est un tout petit jardin que Michel entretient en récoltant des boutures de toutes les plantes des autres tombes , en récupérant des graines de toutes sortes , des petits bulbes comme ceux du Stèrbergia Lutea.

     Il entretient cette tombe avec une véritable passion.


    Parfois même Il y est encore à la tombée de la nuit quand les petites vieilles frilleuses se dirigent vers la soupe. Elles lui demandent s'il n'a pas peur de rester là tout seul ? Mais non, il n'a pas peur !

    Peur de quoi ? C'est son jardin à Lui!


   Il sort maintenant par la porte sud qui débouche sur une châtaigneraie . Il s'engage sur la piste de la Malière ; arrivé sur le col , a gauche : un petit oratoire grillagé. Plus bas toujours a gauche, il débouche sur un  champ de vigne enclavé dans les bois .

               Plus tard , Il y trouvera une couleuvre à échelons .

                           Mais ce n'est pas encore le moment ...

               Plus tard dans le champ qui aura été abandonné où subsistent quelques ceps de vignes, il retrouvera quelques tortues.

                          Mais ce n'est pas encore le moment ...


      Il se dirige donc vers un petit sentier qui descend en pente douce vers la Malière . Sur la gauche dans une ravine pleine d'herbe encore verte et tendre, Il sait qu'il trouvera peut-être des petites tortues qui viennent juste d'éclore. Effectivement, il en découvre trois.

        Plus tard, ces tortues se retrouveront au Portugal dans la maison de sa grand-mère qui dira en les contemplant : «  ce sont des animaux stioupides ! «

 

           Pour le moment ; Il vagabonde au milieu des cistes et des bruyères. les pierres brillent , étincellent de leurs éclats de schiste.          Les parfums et les crissements sont puissants tout autour de Lui.      

      C'est la splendeur de l'été , le bonheur de vivre dans la chaleur et la lumière , dans les parfums , dans la plénitude de l'instant présent de son enfance heureuse !!!

            

jeudi 23 juillet 2026

 

Un jour je partirai …


Le Séquoia possède un tronc massif et un enracinement puissant. Ses branches souples ondulent sous la bourrasque , brisent sa force et emprisonnent le vent . Il abandonne ses anciennes ramilles déséchées a l'intérieur de son feuillage si bien qu'il apparaît toujours vert ou légèrement bleuté .


Un jour je partirai …


Au matin quand le Soleil apparaît , les tortues émergent du trou qu'elles se sont creusé pour passer la nuit . Elles se réchauffent un long moment puis partent a la recherche de leur nourriture : pissenlits chicorés , des feuilles sèches et je ne sais quoi qu'elles grattent dans la terre.

Quand la chaleur devient trop forte elles s'enterrent a nouveau …


Un jour je partirai …


La couleuvre d'esculape , fine ; piquetée d'argent décrit des courbes douces . Quand on la rencontre elle s'immobilise souvent avant de s'éloigner sans hâte . Généralement quand on la saisit elle ne mord pas ! Nous en avons gardé un couple avec nous en voyage : Angleterre , Finlande puis : Collobrières , Mallemoisson ; Aiglun ; Beaujeu .

Sur Saint Isidore j'en ai relaché 7 de Collobrières ; elles sont noires alors que la race locale est verdâtre . Je les rencontre parfois . J'ai même observé un accouplement et un juvénile !

Un jour je partirai …


C'est le docteur Court-Payen qui avait attiré mon attention sur la longévité de l'If ( 2000 ans environ ) .

Ce petit arbre est très toxique surtout pour les chevaux ce qui explique sa rareté a l état naturel . On ne le trouve que dans des endroits reculés (la forêt de la St Baume )ou planté dans les cimetières de Normandie ; là il atteint une taille remarquable !

Mon amitié pour l'If a débuté dans le vallon de l'herbette a Mazaugues quand j'ai déterré quelques jeunes plants qui ont parfaitement repris!J'avais ensuite trouvé en jardinerie un If pleureur que j'ai cultivé dans une cornue sur le balcon de mes parents !!

Puis nous sommes partis a Collobrières et l'If nous a suivi !

Je l »ai laissé chez Marie Monbel quand nous sommes montés dans les Alpes …

Quelques années plus tard j'ai retrouvé dans une jardinerie de Nice ce même If ( Dovastoniana aurea )et je l »ai planté , tout près , devant la cuisine.


Mon Amie est venue l'habiter …


Beaucoup d'autres sont sur le terrain où ils se ressèment abondamment ..

Certains ont été plantés très près des murs de ma demeure    ( 50cm )

' Je vois alors : dans quelques siècles  : ils seront debout autour des ruines de la maison !


Mais Moi il y aura longtemps que je serai parti ...

 

    Reprise d'un texte d'Aout 2022 


mardi 21 juillet 2026

dimanche 19 juillet 2026

Flora - septembre 2024

 



    Flore, , une jeune femme assise sur le banc de bois parmi les fougères et les hortensias :

   A la fois un peu raide mais penchée ; attentive , compréhensive mais réservée .

   C'est une fleur délicate : un lys MMartagon 

                                               

        parmi les fougères  du bord de l'eau

mercredi 15 juillet 2026