L'été
, c'est la plus belle saison que l'on aimerait prolonger tout au long
de l'année …
La
saison du bonheur de vivre a l'unisson de tous les animaux qui sont
autour de la rivière : les poissons mais surtout les reptiles !
Sur les
berges on rencontre la couleuvre d'esculape , animal mythique pour
moi , célébré par les grecs et les romains , origine du caducée .
Elle s'immobilise devant vous et l'on peut passer sans la voir .
Quelquefois elle se laisse manipuler sans chercher a mordre ;
elle est toute fine , toute belle , dans une tonalité qui varie du gris au
noir , ponctuée de minuscules traits d'argent produisant un
scintillement . Elle se nourrit de petits rongeurs et d'oisillons
qu'elle va cueillir en grimpant dans les buissons .
Dans
l'eau on aperçoit la couleuvre a collier qui , elle , se nourrit
uniquement de batraciens ; mais , plus souvent , la couleuvre
vipérine . Celle-ci a le marquage de la vipère mais une tête ovale
, un corps long et fin ; quand elle se sent menacée , elle
souffle comme la vipère et comme elle projette son visage mais
gueule fermée . Sa défense bien plus efficace est de vider ses
intestins sur la main qui l'a saisi et c'est une odeur très
désagréable ! Elle chasse uniquement des poissons ; je
l'ai vu parfois avec dans sa gueule , un barbeau plus gros qu'elle !
En
été on avance au soleil ou a l'ombre dans une vibration continuelle
orchestrée par les cigales qu'on finit par ne plus entendre . On est
saisi par la chaleur , réconforté par l'ombre. Dans cet univers
enchâssé de la Verne il y a trop a voir , trop a sentir , trop
a entendre : tout est trop !!!
A
mesure que la rivière s'assèche , la vie se concentre dans de
grands trous d'eau creusé dans la roche schisteuse . Dans ces grands
bassins l'eau prend , peu a peu une teinte sépia . Sa surface est
trouée par les poissons qui halètent en manque d'oxygène , ridée
par le ballet des cordonniers , frôlée par le vol des libellules …
Cette
eau , bientôt noire m'attire , elle me fascine …
A la
différence de Narcisse je n'y contemple pas mon visage mais pressent
qu'elle est une porte d'entrée vers l'inconnu que chacun de nous
porte en lui …
Printemps a
Collobrières
Au printemps Collobrières
n'a pas encore les senteurs et les vibrations de l'été . L'air est
léger , la lumière changeante obéissant aux caprices des nuages
qui courent on ne sait où ?
Dans chaque ravine l'eau
suinte ou s'écoule doucement , au fond des vallons l'herbe est verte
et tendre et l'on peut , si l'on a de la chance découvrir quatre
petites tortues fraîchement écloses …
Le long des sentiers , les
bruyères arborescentes vous bombardent d'un pollen blanc et les
jeunes pins vous couvre d'une poussière jaune …
C'est le moment où l'on a
le plus d'opportunité de croiser la couleuvre d'Esculape en
recherche d'accouplement durant la journée . Qu'elle soit sur une
branche ou au sol , elle s'immobilise et si vous êtes distrait vous
l'enjamberez sans la voir !
Dans les rivières l'eau
absolument claire offre aux regards toute sa population :
barbeaux , chevesnes ou vairons mais aussi des anguilles ,
grenouilles et crapauds venus pondre et même parfois deux mâles de
tortues d'eau en trains de se battre !
Les prés naturels a
l'herbe rase sont piquetés de fleurs : anémones , pâquerettes ,
boutons d'or , marguerites , glaïeuls ; les bois remplis de
violettes , de pervenches et c'est le moment de cueillir les pousses
d'asperges pour l'omelette !
Sur les coteaux c'est
l'explosion des cistes roses et blancs , des asphodèles mais déjà
l 'été arrive ...
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